 |
 |
Parcours dun éternel rebelle
Au début de ladolescence le jeune Garou fait office délève
modèle dans les classes du Séminaire de Sherbrooke, lécole
privée quil fréquente. Vers 14 ans, par contre, tout bascule.
Il a peine à se faire dicter ce quil doit faire et surtout, ce quil
doit ou ne doit pas apprendre. Les notes du premier de classe chutent vertigineusement.
Ses parents, au même titre que ses professeurs, cherchent à comprendre.
Garou venait dembrasser le refus de lautorité, de la discipline,
de la conduite à suivre pour « faire comme les autres. »
Le professeur dharmonie, exacerbé par les bouffonneries de son jeune
élève à qui il tente tant bien que mal denseigner la
trompette, le met à la porte de son cours. Quà cela ne tienne
la musique, elle, le rattrape au tournant. Nous sommes en 1987, dix ans avant
que le rôle de Quasimodo lui soit offert sur un plateau dargent
Des confrères de classe fondent un groupe, The Windows and Doors, et recherchent
un guitariste afin de compléter la formation. Ils font alors appel à
Garou, qui monte ainsi sur scène pour la toute première fois de
sa vie, dans la salle de spectacles des murs de létablissement scolaire.
Le groupe interprète essentiellement des pièces des Beatles. Garou,
dont la voix na pas encore complètement muée, emprunte quant
à lui celle de Paul McCartney ! Avec le recul, il est amusant de noter
que ses camarades ne lavaient nullement engagé à titre de
chanteur, mais bien en tant que guitariste. Quoi quil en soit, cette première
expérience scénique allait beaucoup lui apporter. « Le groupe
remplissait la salle à pleine capacité à chaque représentation.
300 jeunes venaient nous entendre ! Et on faisait tout nous-mêmes. On imprimait
les billets, les affiches, tout ! Le feeling de la scène, cest
là que je lai attrapé. »
À la suite de son cours secondaire, Garou sinscrit dans la fanfare
des Forces armées canadiennes. Lui qui a toujours aimé les cuivres,
cest armé de sa trompette quil sy enrôle. Ses supérieurs
ont peine à suivre cet éternel indiscipliné qui simagine
davantage comme troubadour chantant lamour aux Croisades que comme cadet
aux bottes impeccablement cirées répondant aux ordres dun
quelconque caporal. Alors quil est en poste dans la citadelle de Québec
(été 1991), il senvole parfois la nuit au volant dun
véhicule de larmée « emprunté », direction
Montréal, pour
aller boire un café ! Garou, en éternel
exil, dans la jungle des villes
Au début de lété
1992, alors quil est sensé y demeurer pour la durée de la
saison, il appelle un ami de Sherbrooke afin quil vienne le « sortir
de là. » Le philanthrope qui sommeille en lui ne se sent plus daucune
utilité au sein de larmée. « Cet été-là,
il ny avait presque plus de discipline, tout le monde était heureux.
Avant, quand ça bardait, je prenais plaisir à remonter le moral
des troupes, si je peux dire. Mais là, je navais plus aucune âme
à sauver ! (rires) Jai donc quitté. »
|